Val Tolosa : une nouvelle claque infligée à l’oligarchie politico-financière

Le 31 juillet

Catégorie : Environnement

Tout est allé très vite :

Le 13 juillet, la cour administrative d'appel de Bordeaux confirme l'annulation de l'arrêté préfectoral de 2013, autorisant la destruction d'espèces protégées. C'est une victoire pour les opposants au projet Val Tolosa

Le 19 juillet, le préfet de Haute-Garonne publie un nouvel arrêté, qui autorise à nouveau la destruction d'espèces protégées en s’appuyant sur un avis favorable du Conseil national de la protection de la nature, organisme rattaché au ministère de l'Écologie.

Le 22 juillet, France Nature Environnement et «Non à Val Tolosa» déposent une demande d'annulation du nouvel arrêté, qui pour eux est identique au précédent, et donc frappé d'illégalité. Ils en appellent au ministre de l'Écologie pour faire arrêter le projet.

Le 24 juillet, les collectifs et associations d'opposants entament le blocage des deux accès au site du chantier de Val Tolosa. Ils se relaient, jour et nuit, pour empêcher les engins de chantier d'y pénétrer.

Le 28 juillet, le tribunal administratif de Toulouse, saisi en référé par les opposants à Val Tolosa, suspend l’arrêté du préfet du 19 juillet en attendant le jugement sur le fond. Cela devrait retarder de plusieurs mois le chantier et contrarier la tentative de passage en force du promoteur. A moins qu'Unibail ou la préfecture contre attaque.

En effet, dans ce dossier Val Tolosa il y a, selon Vanessa Vertus (Reporterre), « des conflits d'intérêts à tous les étages - Le promoteur de Val Tolosa est peuplé d’amis d’Emmanuel Macron « ,

« C’est le cas d’Astrid Panosyan, ancienne conseillère d’Emmanuel Macron lorsque ce dernier était à Bercy. Elle a un temps été pressentie pour devenir ministre du Travail et occupe la fonction de directrice générale chez Unibail-Rodamco,

Il y a aussi Benjamin Griveaux, actuel secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, (…) il a occupé les fonctions de porte-parole de la campagne d’Emmanuel Macron. Ce membre de la garde rapprochée du président de la République connaît bien Unibail-Rodamco… pour en avoir été le directeur de la communication du groupe de 2014 à 2016.

Sans oublier Guillaume Poitrinal, président de Unibail-Rodamco jusqu’en 2013, qui était un proche de François Hollande. Il a notamment été chargé par l’ancien locataire de l’Élysée de mettre en musique le choc de simplification, ensemble de mesures destiné à « simplifier la vie des Français et des entreprises » — et particulièrement dans le domaine immobilier. C’est par ailleurs un conseiller d’Unibail-Rodamco, un ancien préfet, Jean-Pierre Duport, qui a inspiré l’article 28 du projet de loi Macron, en 2015, qui visait à simplifier le droit de l’urbanisme ».       https://reporterre.net/Le-promoteur-de-Val-Tolosa-est-peuple-d-amis-d-Emmanuel-Macron

Une victoire momentanée ?

Certes, Val Tolosa reçoit son 5ème carton rouge de la Justice mais, comme le déclare Patrick Gaborit, co président du collectif « Non à Val Tolosa » :

« Cette victoire ne reste malheureusement qu'une étape dans notre lutte pour le respect du droit et des aspirations des citoyens. Nous restons mobilisés et vigilants tant que l'ensemble des engins et installations de chantier n'auront pas disparu du plateau de la Ménude. Pendant la période de suspension de l'arrêté préfectoral, notre vigilance reste la seule garantie pour contrer les provocations et les mises devant le fait accompli que nous subissons depuis des années ».

Jean-Pierre Baro


Jean-Pierre BARO
Par Jean-Pierre BARO
lundi, 31 juillet 2017 20:29
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